
Le décrochage scolaire désigne la situation d’un jeune qui s’éloigne progressivement de l’école, puis quitte le système scolaire sans diplôme ou sans solution de formation. Il ne s’agit pas toujours d’une rupture soudaine. Le plus souvent, le décrochage est un processus
Le décrochage scolaire désigne la situation d’un jeune qui s’éloigne progressivement de l’école, puis quitte le système scolaire sans diplôme ou sans solution de formation. Il ne s’agit pas toujours d’une rupture soudaine. Le plus souvent, le décrochage est un processus : des difficultés s’accumulent, la confiance diminue, le lien avec l’école se fragilise, puis le jeune finit par ne plus trouver sa place.
En France, près de 80 000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme. La Fondation AlphaOmega rappelle aussi qu’1 élève sur 10 est en échec et que 1,5 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ces chiffres montrent que le décrochage scolaire est un sujet majeur pour l’école, les familles, les associations, les entreprises et l’ensemble de la société.
Il n’existe pas une seule cause du décrochage scolaire. Les études menées par la Fondation AlphaOmega montrent au contraire que les parcours de rupture sont souvent liés à plusieurs facteurs : difficultés scolaires, manque de confiance, stress, orientation subie, problèmes familiaux, isolement, sentiment de ne pas être soutenu ou encore perte de sens dans les apprentissages.
Dans l’étude IFOP “Dans la tête d’un décrocheur”, réalisée auprès de jeunes NEETs, plusieurs moments de fragilité apparaissent nettement : les difficultés dans les savoirs fondamentaux dès le primaire, le passage au collège, les problèmes de motivation ou de comportement, puis l’orientation au lycée ou dans le supérieur. L’étude souligne aussi le poids des émotions : peur d’échouer, angoisse en classe, sentiment d’abandon, regret de ne pas avoir poursuivi ses études.
L’étude menée avec l’UNML et l’AFPA auprès de 2 100 jeunes de 16 à 18 ans concernés par l’obligation de formation confirme cette idée : le décrochage scolaire est un phénomène multifactoriel. Les résultats scolaires ne sont pas toujours la première cause de rupture. 70 % des jeunes interrogés déclaraient avoir des résultats bons ou moyens à l’école. En revanche, le stress, les relations familiales difficiles et l’orientation subie jouent un rôle important. 61 % des jeunes interrogés disaient s’être orientés par défaut.
Prévenir le décrochage scolaire suppose d’agir avant la rupture. Les premiers signes peuvent apparaître dès les premières années : difficultés en langage, en lecture, en écriture, en calcul, perte de confiance, absentéisme, isolement, démotivation. C’est pourquoi la Fondation AlphaOmega insiste sur l’importance de la prévention, dès la maternelle et l’école élémentaire.
À ces âges, l’enjeu est de consolider les fondamentaux, mais aussi de redonner à l’enfant le goût d’apprendre. Les associations Agir pour l'école et Coup de Pouce, accompagnées par la Fondation AlphaOmega, interviennent par exemple auprès des élèves de la moyenne section de maternelle au CE1 pour prévenir les difficultés d'acquisition des fondamentaux que sont le langage, la lecture, l'écriture et le calcul. Elles agissent sur le temps de la classe (Agir pour l'école) ou après la classe (Coup de Pouce) en petits groupes en associant les parents, les enseignants et les communes.
D'autres associations comme l'Afev, interviennent via des mentors étudiants directement au domicile des parents à raison de deux heures par semaine, pour pratiquer avec l'enfant des activités d'ouverture culturelle permettant de le familiariser avec les médiathèques et de développer un intérêt pour la lecture.
Le collège est une étape particulièrement sensible. Les élèves changent d’organisation, gagnent en autonomie, rencontrent de nouvelles attentes scolaires et sociales. Pour certains jeunes, cette transition peut renforcer les difficultés déjà présentes : sentiment d’échec, perte de motivation, perte de sens vis-à-vis des apprentissages, manque de méthode, difficulté à se projeter.
C’est à ce moment que des actions sur la motivation, la persévérance et les compétences psychosociales peuvent jouer un rôle important. Énergie Jeunes, soutenue par la Fondation AlphaOmega, intervient notamment du CM1 à la 3e pour aider les élèves à retrouver confiance dans leur capacité à réussir, à comprendre le rôle de l’effort et à développer leur motivation.
Le mentorat pour les adolescents au collège peut également aider un jeune à garder le lien avec sa scolarité. L’Afev mobilise des étudiants pour accompagner des enfants et adolescents, deux heures par semaine, à domicile. Cet accompagnement permet de travailler la confiance, l’ouverture culturelle, les méthodes de travail et le lien avec les apprentissages.
A un âge où les jeunes veulent être plus activement impliqués dans les enseignements, notamment par une appropriation plus concrète, Entreprendre Pour Apprendre, les remobilisent grâce à des programmes de Mini-Entreprises®. Cette pédagogie active, permet aux élèves de devenir acteurs de leur vie en découvrant leurs talents via un parcours allant de l'idéation d'un projet d'entreprise à la commercialisation d'un produit ou d'un service, et un jeu de rôle où chacun découvre le monde de l'entreprise à travers des fonctions (commercial, finance, marketing, direction, production, design, programmation...). Cet accompagnement mobilise les compétences académiques dans un environnement concret et permet aux jeunes de répondre à leurs questions : à quoi ça sert le français, les maths, la technologie, la biologie, l'économie etc.
L’orientation est un autre moment à risque. Lorsqu’un jeune a le sentiment de ne pas avoir choisi son parcours, ou de ne pas comprendre les débouchés de sa formation, la motivation peut chuter rapidement. Le décrochage peut alors apparaître au lycée, en voie professionnelle, dans l’apprentissage ou dans l’enseignement supérieur.
Mieux accompagner l’orientation, c’est aider les jeunes à comprendre leurs possibilités, à découvrir les métiers, à se projeter et à donner du sens à leur parcours. C’est aussi éviter que l’orientation devienne une réponse par défaut à des difficultés scolaires antérieures. Sur ce sujet, la Fondation AlphaOmega publie régulièrement des ressources, comme le Guide AlphaOmega de l’Orientation Parcoursup, pour aider les jeunes et les familles à mieux comprendre les étapes d’orientation.
Lorsque la rupture avec l’école a déjà eu lieu, l’enjeu devient de recréer un lien. Il faut comprendre le parcours du jeune, identifier ses freins, restaurer sa confiance, puis construire avec lui une solution : retour en formation, accompagnement social, insertion professionnelle, santé, logement, mobilité.
Les Missions Locales jouent ici un rôle essentiel. Elles accompagnent les jeunes de 16 à 25 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. La Mission Locale de Paris, accompagnée par la Fondation AlphaOmega, propose par exemple une approche globale pour lever les freins à l’employabilité : emploi, formation, logement, santé, ressources, mobilité, citoyenneté.
L’école est au cœur de la lutte contre le décrochage scolaire. Mais elle ne peut pas tout faire seule. Les parents, les enseignants, les collectivités, les associations, les entreprises et les acteurs de l’insertion ont tous un rôle à jouer.
La Fondation AlphaOmega agit précisément à cette articulation. Sa mission est d’aider les grandes associations éducatives à changer d’échelle, pour qu’elles puissent accompagner davantage de jeunes, sur plus de territoires, aux bons moments du parcours scolaire. Sa méthode, la Venture Philanthropy, consiste à soutenir les associations dans la durée, avec du financement, de l’accompagnement stratégique, du mécénat de compétences et un travail sur la mesure d’impact.
Aujourd’hui, la Fondation AlphaOmega accompagne 8 associations nationales. Ensemble, elles touchent 350 000 jeunes de 5 à 25 ans par an en prévention, 225 000 professeurs en lien avec les associations et 1,1 million de jeunes en insertion sociale et professionnelle.
Le décrochage scolaire n’est pas une fatalité. Il peut être prévenu si les difficultés sont repérées tôt, si les jeunes sont accompagnés aux moments clés et si les acteurs travaillent ensemble. La parole des jeunes montre que beaucoup ne rejettent pas l’école en tant que telle. Ils disent plutôt qu’ils n’ont pas toujours trouvé l’aide, le cadre, l’écoute ou l’orientation dont ils avaient besoin au bon moment.
Comprendre le décrochage scolaire, c’est donc changer de regard : ne pas seulement voir un jeune qui “abandonne”, mais un parcours qui s’est fragilisé. C’est aussi agir plus tôt, plus collectivement et plus durablement. En ce sens, la Fondation AlphaOmega promeut l'alliance éducative autour du jeune. Celle-ci se compose de l'enseignant, du parent, et d'un tiers éducatif qu'est l'association. Les associations peuvent avoir un rôle de facilitateur entre ces différents publics, que ce soit en intervenant directement auprès des professeurs comme le fait Ecolhuma, association qui via sa plateforme EtreProf.fr accompagne 225 000 enseignants dans leurs pratiques pédagogiques et les met en capacité d'aider les jeunes à besoins particuliers nécessitant une attention et une approche spécifique. Ou l'association LISA, qui a développé des outils à destination des enseignants et des parents pour identifier les forces et les difficultés de chaque jeune qui peuvent lourdement compromettre une scolarité bien vécue.
Pour aller plus loin, découvrez les publications de la Fondation AlphaOmega sur le décrochage scolaire, ses études avec l’IFOP et l’UNML, ainsi que les actions menées avec les associations partenaires pour prévenir les ruptures de parcours et aider chaque jeune à retrouver une voie de réussite.
