Fondation de venture philanthropy, reconnue d’utilité publique et abritante.

Fondation AlphaOmega

Covid19 :
un décrochage scolaire vertigineux.
Comment réagir ?

Manifeste

La pandémie de Covid-19 menace l’éducation des enfants et des jeunes. Ceux-ci se sont vus privés d’école, de collège, de lycée, d’université depuis la mi-mars. Beaucoup d’entre eux n’y retourneront pas avant la rentrée. On sait que certains ont décroché. Et comme toujours, ce sont d’abord les plus défavorisés. Des jeunes qui vivent dans des appartements petits ou surpeuplés, qui ne disposent pas d’ordinateurs ou de connexion, dont les parents ne peuvent se transformer en professeurs particuliers, ont rompu avec les études. Début avril, le Ministre de l’Éducation nationale a annoncé qu’au moins 5 à 8% des élèves n’avaient pas bénéficié de l’école à domicile. Et maintenant ? En réalité, c’est au moins 50 % des élèves en grande difficulté qui ont été perdus, soit un million d’enfants et de jeunes — sans compter 1,2 million de jeunes déjà sortis du système éducatif sans diplômes. Quant aux enseignants, nombreux sont ceux qui ont eu du mal à s’adapter à l’enseignement à distance. La crise du Covid est un terrible accélérateur d’inégalités, dans un pays qui ne parvient plus, depuis des décennies, à donner sa chance à chacun de réussir. L’École de la République a du mal à remplir toutes ses missions. Avec le Covid, elle apparaît encore plus fragilisée.

L’État n’est pas seul à faire face à cette situation. Des associations s’engagent pour l’aider à limiter la casse, voire pour remonter la pente. Dès le début de la crise, nos 7 associations championnes pour la réussite scolaire et l'insertion professionnelle des jeunes défavorisés ont répondu présent. Coup de Pouce, qui prévient le décrochage précoce, a lancé l’opération #CoupdePouceMaison. Des ressources ludo-éducatives ont permis aux enfants de continuer à apprendre en s’amusant. L’AFEV, qui propose un mentorat individuel et une aide aux devoirs, était parfois la seule à posséder le numéro de téléphone des jeunes en difficulté. Avec l’opération #OnGardeLelien, les 8 000 étudiants qui accompagnent un jeune en difficulté à son domicile ont été invités à maintenir le lien avec l’accompagné et sa famille, notamment avec ceux qui ne se connectaient pas sur les Espace Numérique de Travail (ENT). Entreprendre Pour Apprendre, première association de développement de l’esprit d’entreprise , a permis aux 35 000 jeunes qui suivent son programme de continuer à créer des « Mini-Entreprises ». Article 1, premier acteur de l’orientation des lycéens et Energie Jeunes, qui œuvre pour la motivation et la persévérance scolaire des collégiens, avec d’autres acteurs associatifs, ont lancé #RéussiteVirale : une mise en relation des jeunes avec des bénévoles, étudiants ou professionnels, pour l’aide aux devoirs et l’orientation. Les Écoles de la 2ème chance, qui permettent à 16 000 jeunes décrocheurs de s’insérer par l' apprentissage des fondamentaux et par des stages, a continué à assurer de nombreux cours virtuels. Enfin SynLab, première plateforme numérique d’aide pédagogique aux enseignants via son site EtreProf.fr, a créé des contenus adaptés pour accompagner ses membresdans la continuité pédagogique. De la maternelle en passant par les collégiens, lycéens, jeunes décrocheurs, et aux enseignants, ces associations ont accompli leur mission en période difficile. Ces bénévoles, comme beaucoup d’autres personnes engagées, n’ont pas ménagé leur peine pour sauvegarder la fameuse « continuité pédagogique ». Eux aussi méritent les applaudissements et la gratitude de toute la société.

Leur effort a été puissant, indispensable car ces associations sont présentes partout en France et agissent aux moments charnières de risque de décrochage. Mais ce n’est pas suffisant. Si nous voulons éviter l’explosion sociale, il faut intensifier ces actions. Chacun d’entre nous peut donner un peu de son temps ou de son argent pour participer à leur travail. Mais l’ensemble des acteurs publics, de l'État aux collectivités territoriales, doit les soutenir beaucoup plus fortement. En attendant cette reconnaissance et ce soutien, la fondation AlphaOmega les aide. En levant de l’argent auprès des grands acteurs économiques. Mais surtout en aidant ces associations à améliorer leur efficacité, à fluidifier leur gestion, à parfaire leurs outils, en « mettant les mains sous le capot ». Bref, en les aidant à grandir, afin d'être encore plus efficaces et montrer qu'on peut, avec les enseignants et les parents, relancer l'ascenseur social. L’échec n’est pas une fatalité. Mobilisons-nous pour nos enfants !

Maurice Tchenio
Président - Fondateur

Elisabeth Elkrief
Directrice générale